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Le recul inquiétant de la démocratie à l'échelle mondiale


Par Atlasocio.com | Publié le 23/03/2017 • Mis à jour le 20/08/2017

 

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 Carte de l'indice de démocratie dans le monde en 2016, selon The Economist Intelligence Unit. À noter que les «démocraties imparfaites» (en vert clair sur la carte) sont loin d'incarner des États exempts de critiques en matière de démocratie.

L’année 2016 a été marquée par une révolte populaire à l’encontre des élites politiques et médiatiques, plus que jamais perçues comme déconnectées de la réalité et accusées de ne pas défendre les intérêts des citoyens ordinaires. Or, le modèle démocratique est aujourd'hui plus l'exception que la norme et son recul contemporain à l’échelle mondiale rappelle la récession des démocraties durant l’entre-deux-guerres.

Année 2016: Une révolte populaire à l’encontre des élites

La neuvième édition de l’indice de démocratie [1], publiée par le département de recherche et d’analyse affilié au groupe de presse britannique The Economist, pointe un recul global de la démocratie: en l’espace d’une décennie le nombre de «démocraties pleines» dans le monde est passé de 28 à 19, tandis que les «démocraties défaillantes» et les «régimes hybrides» ont connu une nette progression. L’étude relève que l’année 2016 a été marquée par une révolte populaire à l’encontre des élites – partis politiques, médias, organismes d'experts, organisations internationales – plus que jamais perçues comme déconnectées de la réalité et accusées de ne pas défendre les intérêts des citoyens ordinaires.

Évolution de la démocratie dans le monde (2006-2016)
selon The Economist Intelligence Unit

Type de régime 2006 2008 2010 2012 2014 2016
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Démocraties parfaites 28 30 26 25 24 19
Démocraties imparfaites 54 50 53 54 52 57
Régimes hybrides 30 36 33 37 39 40
Régimes autoritaires 55 51 55 51 52 51
Note: 167 États et territoires sont couverts par l'indice de démocratie en 2016.

▶ CONSULTER :  Cartes des États du monde par indice de démocratie

La déconnexion croissante entre les élites politiques et les citoyens avait déjà été pressentie dans les éditions précédentes, en particulier au sein des pays les plus démocratiques. Le rapport considère la réponse politico-médiatique inadaptée aux évènements de 2016, à savoir d’interpréter le contrecoup populaire «comme une menace pour l'avenir de la démocratie libérale», voire de se demander «si l'on devrait faire confiance aux gens ordinaires pour prendre des décisions sur des questions importantes telles que l'adhésion du Royaume-Uni à l'Union européenne». En effet, pour les auteurs de l’étude «la réaction populaire contre l'ordre établi peut aussi être considérée comme une conséquence, et non une cause, des défaillances de la démocratie contemporaine».

Car la récession de la démocratie peut paradoxalement intervenir par les urnes, ce que mentionnait l’ONG américaine Freedom House [2] en 2015: «25 démocraties se sont effondrées dans le monde [depuis 2000], pas seulement à la suite de coups d’Etat militaires ou internes, mais également du fait de dégradations subtiles et progressives des droits et des procédures démocratiques». Et le rapport “Freedom in the World 2016” n’est pas plus optimiste, déplorant une dixième année consécutive de déclin de la liberté mondiale en raison «des crises qui ont alimenté le sentiment xénophobe dans les pays démocratiques, sapé les économies des États dépendants de la vente des ressources naturelles et conduit les régimes autoritaires à lutter davantage contre la dissidence». À l’échelle mondiale, le modèle démocratique est aujourd'hui plus l'exception que la norme et son recul contemporain rappelle la récession des démocraties pendant l’entre-deux-guerres lorsque, suite au krach boursier de 1929, les démocraties ont été confrontées à une crise socio-économique et à un développement des idéologies totalitaires, tant en Europe (fascisme en Italie, nazisme en Allemagne, stalinisme en URSS, franquisme en Espagne), qu’en Amérique du Sud (Estado Novo au Brésil) ou en Asie (dictature militaire au Japon).

Indice de démocratie dans le monde en 2016
Source: The Economist Intelligence Unit, 2017.

Les 10 États
les plus démocratiques
(rang, État, indice)
Les 10 États
les moins démocratiques
(rang, État, indice)
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01. Norvège 9,93 138. Guinée-Bissau 1,98
02. Islande 9,50 139. Ouzbékistan 1,95
03. Suède 9,39 140. Congo (RDC) / Arabie saoudite 1,93
04. Nouvelle-Zélande 9,26 141. Tadjikistan 1,89
05. Danemark 9,20 142. Turkménistan 1,83
06. Canada / Irlande 9,15 143. Guinée équatoriale 1,70
07. Suisse 9,09 144. Centrafrique 1,61
08. Finlande 9,03 145. Tchad 1,50
09. Australie 9,01 146. Syrie 1,43
10. Luxembourg 8,81 147. Corée du Nord 1,08
Classification selon The Economist Intelligence Unit: Démocratie (≥ 8) ; Régime autoritaire (0,00 - 3,99)

▶ CONSULTER :  Classements des États du monde par indice de démocratie

La moyenne globale de l’indice de démocratie est passée de 5,55 en 2015 à 5,52 en 2016. Au niveau régional, cinq régions, contre trois en 2015, ont connu une régression: l'Europe de l'Est, l'Amérique latine, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, l'Afrique subsaharienne, et l'Europe de l’Ouest. Les régions de l'«Asie et Australasie» et de l’Amérique du Nord ont stagné. Ainsi, aucune région du monde n'a enregistré une amélioration de son score moyen en 2016.

Sur les 167 États et territoires analysés, 72 ont connu une baisse de leur score par rapport à 2015, soit près du double de ceux ayant enregistrés une amélioration (38), et 5 autres sont restés stables. Selon la classification relative à l’indice de démocratie, 76 des 167 États traités en 2016 peuvent être considérés comme des démocraties (indice supérieur à 6/10), soit 45,5% du total. Concernant les 91 autres pays, 40 sont considérés comme des régimes «hybrides» et 51 comme «autoritaires». À titre de comparaison, le rapport 2016 de Freedom House mentionne que 50 pays sont gouvernés sous des régimes autoritaires tandis que 56 autres sont «en partie libres», soit un total de 106 pays où les libertés sont drastiquement réduites contre 86 pays où les résidents peuvent jouir de droits civiques plus élargis.

Indice de démocratie en 2016
selon The Economist Intelligence Unit

Type de régime Nombre d'États % des États % population mondiale
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Démocraties parfaites 19 11,4% 4,5%
Démocraties imparfaites 57 34,1% 44,8%
Régimes hybrides 40 24% 18%
Régimes autoritaires 51 30,5% 32,7%
Note: La population «mondiale» désigne uniquement la population totale des 167 États couverts par l'indice de démocratie. Cependant, seuls les micro-États sont exclus de l'analyse, soit un total presque équivalent à l'ensemble de la population mondiale estimée.

En 2016, près de la moitié (49,3%) de la population mondiale vit dans un pays démocratique – mais seulement 4,5% résident dans une «démocratie parfaite» contre 8,9% en 2015 – et près de 2,6 milliards d’habitants, soit plus d'un tiers de la population mondiale, vivent sous un régime autoritaire.

Résultats par continent

Afrique: peu de progrès

En l’espace de dix ans, l’indice de démocratie en Afrique subsaharienne est demeuré relativement stable. Maurice (unique «démocratie pleine» du continent), le Cap-Vert, le Botswana et l’Afrique du Sud sont les États africains les mieux lotis en matière de droits démocratiques. Cependant, si la participation politique s'est globalement améliorée au cours des cinq dernières années, elle n'a pas pu compenser une importante détérioration des scores relatifs aux libertés civiles et au fonctionnement démocratique des gouvernements. L’étude précise que «si les élections sont devenues monnaie courante dans une grande partie de la région, le score régional pour les processus électoraux est resté faible, ce qui traduit un manque de pluralisme authentique dans la plupart des pays».

Indice de démocratie en Afrique
Source: “Democracy Index 2016”, The Economist Intelligence Unit, 2017.

Les 10 États
les plus démocratiques
(rang, État, indice)
Les 10 États
les moins démocratiques
(rang, État, indice)
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01. Maurice 8,28 38. Congo / Gambie 2,91
02. Cap-Vert 7,94 39. Djibouti 2,83
03. Botswana 7,87 40. Burundi 2,40
04. Afrique du Sud 7,41 41. Soudan / Érythrée 2,37
05. Ghana 6,75 42. Libye 2,25
06. Lesotho 6,59 43. Guinée-Bissau 1,98
07. Tunisie 6,40 44. Congo (RDC) 1,93
08. Namibie 6,31 45. Guinée équatoriale 1,70
09. Sénégal 6,21 46. Centrafrique 1,61
10. Zambie 5,99 47. Tchad 1,50
Classification selon The Economist Intelligence Unit:
Démocratie (≥ 8) ; Démocratie imparfaite (6,00 - 7,99) ; Régime hybride (4,00 - 5,99) ; Régime autoritaire (0,00 - 3,99)

En effet, afin de mimer l’apparence d’une démocratie, de nombreuses élections consacrent la victoire de dirigeants autoritaires, où les soupçons de fraude électorale sont souvent dénoncés par les partis d’opposition. Ainsi, en Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est réélu tous les sept ans depuis 1979 avec des résultats allant de 93% à 99% des voix. D’autres États sont dirigés par les mêmes familles depuis des décennies, comme la famille Bongo à la tête du Gabon depuis plus de 40 ans. Mais le record en la matière est détenu par le Swaziland – dernière monarchie absolue du continent africain – dirigé par le roi Mswati III depuis 1986, mais dont la domination familiale sur le pays remonte à 1885.

Amérique: l’essoufflement des politiques de gauche?

En Amérique, seuls deux États sont classés par The Economist parmi les «démocraties pleines»: le Canada (6ème mondial) et l’Uruguay (18ème mondial).

L'Amérique du Sud

En 2016, si la montée du populisme de gauche comme de droite [3] a bouleversé l'establishment politique aux quatre coins du monde, l’Amérique du Sud fait figure d’exception. Après une décennie de victoires électorales pour les partis de gauche hostiles à l’économie néo-libérale, des candidats de centre-droit ont pris la tête de nombreux pays du sous-continent. C’est le cas notamment en Argentine avec l’élection du business man Mauricio Macri, et au Pérou avec le technocrate Pedro Pablo Kuczynski. Le Brésil est dans l’incertitude depuis la destitution par un vote du Sénat le 31 août 2016 de la présidente Dilma Rousseff (soutenue par le Parti des travailleurs), accusée d’avoir enfreint les règles budgétaires (Scandale Petrobras). Cependant, cette procédure de destitution demeure controversée, Roussef dénonçant un «coup d'État constitutionnel». Au Venezuela, le contexte sociétal est extrêmement complexe avec des dissensions tant au sein du mouvement chaviste que des partis d'opposition, des ingérences extérieures, et une situation socio-économique profondément corrompue voire chaotique (Cf. les derniers rapports de Transparency International). En effet, pour le sociologue vénézuélien Emiliano Terán Mantovani le contrat social, les institutions et les cadres de l’économie formelle ne fonctionnent plus:

«Le pays vit l’une des crises institutionnelles les plus sévères de toute l’Amérique latine, nous référant par-là à l’ensemble des institutions juridiques, sociales, économiques, politiques, entre autres, qui constituent la République du Venezuela. La crise historique du modèle d’accumulation rentière du pétrole, les métastases de la corruption, les sévères atteintes au tissu social depuis la “période néolibérale” et en particulier depuis 2013, et l’intensité des attaques et conflits politiques ont dépassé dans leur ensemble les cadres des institutions formelles dans tous les secteurs de la société, canalisant une bonne partie des dynamiques sociales vers des mécanismes informels, souterrains et illégaux.»[4]

Indice de démocratie en Amérique
Source: “Democracy Index 2016”, The Economist Intelligence Unit, 2017.

Les 10 États
les plus démocratiques
(rang, État, indice)
Les 10 États
les moins démocratiques
(rang, État, indice)
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01. Canada 9,15 15. Mexique 6,47
02. Uruguay 8,17 16. Paraguay 6,27
03. États-Unis 7,98 17. Guyana 6,25
04. Costa Rica 7,88 18. Honduras / Guatemala 5,92
05. Chili 7,78 19. Équateur 5,81
06. Jamaïque 7,39 20. Bolivie 5,63
07. Panama 7,13 21. Nicaragua 4,81
08. Trinité-et-Tobago 7,10 22. Venezuela 4,68
09. Argentine 6,96 23. Haïti 4,02
10. Brésil 6,90 24. Cuba 3,46
Classification selon The Economist Intelligence Unit:
Démocratie (≥ 8) ; Démocratie imparfaite (6,00 - 7,99) ; Régime hybride (4,00 - 5,99) ; Régime autoritaire (0,00 - 3,99)

Les États-Unis

Selon The Economist Intelligence Unit, l’élection de Donald Trump en tant que président des États-Unis fait craindre une probable restriction des droits démocratiques. Une peur confirmée lorsqu’il s’agit par exemple de la libre circulation des personnes [5]. Les États-Unis sont d’ailleurs devenus une «démocratie imparfaite» compte tenu de la perte de confiance populaire dans le fonctionnement des institutions publiques, passant d’un score de 8,05 en 2015 à 7,98 en 2016. Pour Lawrence Lessig, professeur de droit au Harvard Law School à l'initiative de la New Hampshire Rebellion – une mobilisation citoyenne visant à imposer le sujet de la corruption dans le débat public – la démocratie américaine est rongée par le lobbying politique. Cette discrète mais très efficace corruption influencerait le vote de l’ensemble des députés américains, donnant l'impression que les parlementaires ne sont pas tant élus pour les idées qu’ils défendent que par les fonds qu'ils reçoivent de la part de leurs donateurs (milliardaires, entreprises). Des défaillances de la démocratie américaine que Lessig décrit ainsi:

«L'omniprésence de l'argent rend notre pays ingouvernable. Quel que soit le sujet que l'on juge essentiel de traiter (l'environnement ou la régulation de la finance à gauche, la dette ou la fiscalité à droite), il n'y aura pas de réforme d'ampleur tant que nous n'aurons pas touché au financement de nos campagnes électorales. Aujourd'hui, ceux qui les financent de façon significative sont les seuls assurés de voir leurs intérêts représentés au Congrès – la Chambre des représentants et le Sénat, qui contrôlent notre gouvernement. Regardez ce qui vient de se passer sur la question des armes à feu. 88% de la population était en faveur de la loi avancée par Obama. Le Congrès a botté en touche: personne à Washington ne veut se mettre à dos le lobby de l'armement.»[6]

Un constat d’autant plus amer que selon différents sondages, 84% des Américains estiment que les dirigeants politiques sont plus préoccupés à protéger leurs privilèges qu'à oeuvrer pour le Bien commun, et 96% considèrent cette situation comme inacceptable tout en reconnaissant à 91% ne pouvoir rien y faire [7].

Asie: le dynamisme démocratique s'accélère

Depuis la création de l’indice de démocratie en 2006, les auteurs de l’étude relèvent que l’Asie a progressé davantage dans la promotion de la démocratie que n'importe quelle autre région du monde. La note moyenne régionale de l’«Asie & Australasie» [8] a augmenté de 5,44 en 2006 à 5,74 en 2016. Malgré ces progrès notables, le continent asiatique ne dénombre aucune «démocratie pleine» et demeure derrière l'Amérique latine (score moyen de 6,33), l'Europe de l’Ouest (8,40) et l'Amérique du Nord (8,56).

Indice de démocratie en Asie
Source: “Democracy Index 2016”, The Economist Intelligence Unit, 2017.

Les 10 États
les plus démocratiques
(rang, État, indice)
Les 10 États
les moins démocratiques
(rang, État, indice)
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01. Japon 7,99 38. Afghanistan 2,55
02. Corée du Sud 7,92 39. Laos 2,37
03. Israël 7,85 40. Iran 2,34
04. Inde 7,81 41. Yémen 2,07
05. Taïwan 7,79 42. Ouzbékistan 1,95
06. Timor oriental 7,24 43. Arabie saoudite 1,93
07. Indonésie 6,97 44. Tadjikistan 1,89
08. Philippines 6,94 45. Turkménistan 1,83
09. Mongolie 6,62 46. Syrie 1,43
10. Malaisie 6,54 47. Corée du Nord 1,08
Classification selon The Economist Intelligence Unit:
Démocratie imparfaite (6,00 - 7,99) ; Régime autoritaire (0,00 - 3,99)

La Corée du Nord occupe une nouvelle fois la dernière place mondiale, mais d’autres régimes autoritaires moins médiatisés sont tout aussi inquiétants. C’est le cas notamment en Asie centrale de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan et du Turkménistan. Le Moyen-Orient totalise un nombre impressionnant de gouvernements autoritaires. De plus, les dictatures, qu’elles soient militaires comme en Égypte ou théocratiques comme en Arabie saoudite ou en Iran, semblent se consolider.

Europe: déclin de la démocratie et montée de l’extrême droite

L’Europe de l’Est enregistre la régression la plus spectaculaire de toutes les régions du monde, passant d’un score moyen de 5,55 en 2015 à 5,43 en 2016. Ainsi, 19 pays sont en régression, 6 stagnent, et seulement 3 se sont légèrement améliorés. Le rapport note que pas un seul pays de l’ancien bloc communiste ne se classe parmi les «démocraties pleines» et ce, malgré 11 États membres de l’Union européenne.

Indice de démocratie en Europe
Source: “Democracy Index 2016”, The Economist Intelligence Unit, 2017.

Les 10 États
les plus démocratiques
(rang, État, indice)
Les 10 États
les moins démocratiques
(rang, État, indice)
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01. Norvège 9,93 36. Monténégro 5,72
02. Islande 9,50 37. Ukraine 5,70
03. Suède 9,39 38. Macédoine 5,23
04. Danemark 9,20 39. Turquie 5,04
05. Irlande 9,15 40. Bosnie-Herzégovine 4,87
06. Suisse 9,09 41. Arménie 3,88
07. Finlande 9,03 42. Biélorussie 3,54
08. Luxembourg 8,81 43. Russie 3,24
09. Pays-Bas 8,80 44. Kazakhstan 3,06
10. Allemagne 8,63 45. Azerbaïdjan 2,65
Classification selon The Economist Intelligence Unit:
Démocratie (≥ 8) ; Régime hybride (4,00 - 5,99) ; Régime autoritaire (0,00 - 3,99)

Concernant l’Europe de l’Ouest, le vote du Royaume-Uni en juin 2016 en faveur du Brexit, ainsi que la montée progressive des partis politiques d’extrême droite confirment l'expression d'un profond mécontentement populaire. Cependant, sur les 19 «démocraties parfaites» dénombrées en 2016 par The Economist Intelligence Unit, 14 figurent en Europe de l’Ouest. Plus encore, les trois premières places mondiales sont détenues par des pays européens: Norvège, Islande et Suède. La France se hisse quant à elle à la 22ème place mondiale, à égalité avec la Corée du Sud, mais derrière le Cap-Vert.


Notes et références

  1. [1] Créé en 2006 par un laboratoire d’analyse du magazine britannique The Economist, l’indice de démocratie tente d’appréhender le niveau de démocratie au sein de 167 États à travers le monde. Le calcul se base sur 60 indicateurs regroupés en cinq catégories: le processus électoral et le pluralisme, les libertés civiles, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique, et la culture politique. L’indice obtenu, compris entre 0 et 10, permet une classification des pays selon quatre régimes: démocratie parfaite (8 à 10), démocratie imparfaite (6 à 7,99), régime hybride (4 à 5,99), régime autoritaire (0 à 3,99).
  2. [2] Même si Freedom House a critiqué dans ses rapports les États-Unis et certains de leurs principaux alliés (Arabie saoudite, Chili sous Pinochet, apartheid en Afrique du Sud), Noam Chomsky et Edward Herman jugent que l'ONG focalise principalement ses critiques sur les États opposés aux intérêts américains (N. Chomsky et E. Herman, «La fabrication du consentement» [«Manufacturing consent: the political economy of the mass media»], trad. D. Arias, Agone, coll. Contre-feux, 1988). En réalité, la partialité ou impartialité de Freedom House est une question difficile à trancher: «Le cas de Freedom House est intéressant: cette ONG, qui ne mérite pas tout à fait cette qualification, puisqu'elle est en partie financée par le gouvernement américain, a des activités de soutien à la démocratie dans de nombreux pays, mais elle est encore plus influente par le rapport annuel qu'elle produit, Freedom in the World, qui établit un classement des différents régimes selon leur degré de démocratie et de libertés publiques (échelle de 1 à 7 et répartition en trois catégories : libre, partiellement libre, non libre). Ce classement fait référence non seulement pour les chercheurs et les journalistes, mais également pour les décideurs politiques et même les organisations internationales. En cela, Freedom House se rapproche plutôt de la troisième catégorie, celle des think tanks, qui influencent la politique étrangère américaine par la diffusion d'idées. En l'espèce, Freedom House n'hésite pas à qualifier de “non libres” des régimes qui sont des alliés proches de Washington, comme l'Arabie saoudite, l'Azerbaïdjan ou l'Egypte, et peut ainsi peser contre certaines orientations du gouvernement américains.» Cf. L. Balthazar, C.-P. David et J. Vaïsse, La politique étrangère des États-Unis: Fondements, acteurs, formulation, Presses de Sciences Po, Paris, 2e édition, 2012 [2008].
  3. [3] Le rapport de The Economist n'aborde pas la distinction entre “populisme de gauche” et “populisme de droite”. Voir à ce propos: Alfio Mastropaolo, «Populisme du peuple ou populisme des élites?», Critique internationale, vol. n°13, n°4, 2001, p. 61-67.
  4. [4] Emiliano Terán Mantovani, «Venezuela desde adentro: siete claves para entender la crisis actual», trad. Béatrice Turpin, le 20/04/2017. URL, consulté le 20/08/2017.
  5. [5] Le décret executif 13769, signé par le président des États-Unis Donald Trump le 27 janvier 2017, suspend l'entrée sur le territoire des citoyens de l'Irak, l'Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et du Yémen.
  6. [6] Flore Vasseur, «Lawrence Lessig : “Les citoyens, et non les lobbys, doivent financer la politique”», Le Monde, le 16/01/2014. URL, consulté le 20/08/2017.
  7. [7] P. Caddell, S. Miller et B. Perkins, «What Happened in Iowa?», huffingtonpost.com, le 02/04/2016 | Updated 04/02/2017. URL, consulté le 22/03/2017.
  8. [8] Régions statistiques établies par The Economist Intelligence Unit: Europe de l’Ouest, Europe de l'Est, Amérique du Nord, Amérique latine, Moyen-Orient & Afrique du Nord, Afrique subsaharienne, Asie & Australasie.

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