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Comparatif des classements des villes les plus agréables à vivre


Atlasocio.com | Publié le 22/08/2015 • Mis à jour le 27/08/2015

 

© Yasser Alghofily | Flickr
Pour la 5ème année consécutive, Melbourne (Australie) a reçu le titre de "ville où il fait bon vivre 2015", selon une étude publiée par The Economist Intelligence Unit.

Trois principaux classements des villes les plus agréables à vivre sont publiés chaque année par différents organismes, dont les résultats sont souvent repris par la presse. Cependant, plusieurs questions sont fréquemment posées: Quels sont-ils? Quelles sont leurs différences? Sont-ils objectifs et pertinents?

Les classements des villes les plus agréables à vivre sont des listes de villes du monde, classées selon la qualité de vie qu’elles sont censées offrir à leurs habitants.

▶ VOIR : Classements des agglomérations les plus peuplées au monde

Mardi 18 août 2015, le cabinet britannique The Economist Intelligence Unit (EIU) a publié son classement annuel de 140 villes, de quoi relancer le débat sur l'utilité (ou les motifs?) d'une telle démarche.

Quels sont ces classements et que mesurent-ils exactement?

Trois classements font aujourd'hui figure de référence.

L’enquête du magazine britannique Monocle, en s’appuyant sur son réseau de correspondants, retient les indicateurs suivants: la sécurité, la «connectivité» internationale, le climat, l'architecture, les transports publics, le niveau des écoles et des universités, la tolérance des habitants, l'accès à la nature, l'aménagement urbain, le marché du travail, les politiques de développements et les soins médicaux. Principal inconvénient: le classement final ne retient que 25 villes.

L'Economist Intelligence Unit se concentre sur la stabilité économique (disponibilité de biens et de services), la sécurité, l’accès et la qualité des soins de santé, de l'environnement, de la culture, de l'éducation et des infrastructures. Les scores sont attribués sur une échelle de 100. A titre d’exemple Melbourne, 1ère du classement 2015, a obtenu la note de 97,5. Une critique statistique: ce classement ne prend pas en compte le coût de la vie. En outre, selon ses détracteurs, la surreprésentation des villes australiennes et canadiennes pose question quant à son objectivité.

Le classement de la société de conseil américaine Mercer retient quant à lui plus de 200 critères liés à la sécurité, l'éducation, l'hygiène, l’accès aux soins/santé/culture, l'environnement, les loisirs, la stabilité politique/économique, la qualité des transports publics, les logements, la nourriture, l’habillement etc. Seul inconvénient, ce classement se base sur la ville de New York en termes de score de référence (indice 100). Ainsi les autres villes sont toujours notées en comparaison avec The Big Apple.

Ces trois enquêtes retiennent donc, à peu de choses près, les mêmes indicateurs statistiques. Reste alors à savoir pourquoi obtiennent-elles des résultats différents, comme le démontre le tableau comparatif ci-dessous.

Rang Monocle's Quality of Life Survey 2015 EIU's Liveability Ranking August 2015 Mercer's 2015 Quality of Living Rankings
© Atlasocio.com
  Tokyo (Japon) Melbourne (Australie) Vienne (Autriche)
  Vienne (Autriche) Vienne (Autriche) Zurich (Suisse)
  Berlin (Allemagne) Vancouver (Canada) Auckland (Nouvelle-Zélande)
  Melbourne (Australie) Toronto (Canada) Munich (Allemagne)
  Sydney (Australie) Calgary (Canada)
Adélaïde (Australie)
Vancouver (Canada)
  Stockholm (Suède) ... Düsseldorf (Allemagne)
  Vancouver (Canada) Sydney (Australie) Francfort-sur-le-Main (Allemagne)
  Helsinki (Finlande) Perth (Australie) Genève (Suisse)
  Munich (Allemagne) Auckland (Nouvelle-Zélande) Copenhague (Danemark)
  Zurich (Suisse) Helsinki (Finlande)
Zurich (Suisse)
Sydney (Australie)
Les trois principaux classements des villes les plus agréables à vivre en 2015

Quelle crédibilité peut-on leur accorder ?

Si le sérieux scientifique de ces études ne fait aucun doute, avec parfois des informations judicieuses sur la "vie sociale" des agglomérations étudiées, il n'en demeure pas moins que l'influence des préférences personnelles de chacun semble également jouer un rôle non négligeable. Tyler Brûlé, rédacteur en chef du magazine Monocle, le dit lui-même: «Ce type de classement, c'est 50% de données scientifiques et 50% de critères subjectifs»[1]

Il serait intéressant d'investiguer sur les réseaux communs (économiques et "relationnels" notamment) entre ces organismes d'enquêtes et les compagnies touristiques, immobilières ou médiatiques, voire les mairies. En effet, ces dernières font preuve d'une certaine promptitude lorsqu'il s'agit de diffuser sur leurs sites respectifs ces "glorieux résultats", justifiant par la même occasion auprès des électeurs les "bons choix politiques" menés sur le terrain.

Comme toute étude statistique, la lecture des résultats dépend de l’intention donnée à la démarche initiale. Libre à chacun donc d'interpréter et de mener sa propre réflexion, en les analysant avec une attention toute particulière, ou en les ignorant dans le but de les critiquer.


Notes et références bibliographiques

  1. [1] Chloé Woitier, «Munich, la ville la plus agréable du monde», Le Monde.fr, le 18/06/2010

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