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Classement des États du monde par réserves prouvées de gaz naturel

Par Atlasocio.com | Mis à jour le 15/01/2026

 

Les États détenant les réserves prouvées de gaz naturel les plus importantes du monde sont la Russie, l'Iran, le Qatar, le Turkménistan et les États-Unis. Les pays disposant des réserves de gaz naturel les plus faibles sont notamment l'Allemagne, le Danemark, l'Italie, Bahreïn et la Pologne.

Répartition mondiale des réserves de gaz naturel et contrastes régionaux

À l’échelle mondiale, l’évolution des réserves prouvées de gaz naturel depuis les années 1980 reflète une double dynamique : l’essor de nouvelles provinces gazières et la réévaluation continue de bassins déjà connus. La fin du XXᵉ siècle et le début du XXIᵉ ont été marqués par une forte concentration des ressources autour de quelques pôles majeurs, en particulier la Russie et le Moyen-Orient, qui structurent encore aujourd’hui la géographie du gaz. L’effondrement de l’URSS n’a pas réduit l’importance de l’espace post-soviétique : au contraire, la Russie, le Turkménistan, le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan ont vu leurs dotations gazières réévaluées à la hausse, à mesure que de nouveaux champs ont été mis en exploitation et que les techniques d’exploration se sont affinées. Parallèlement, la montée en puissance du gaz comme énergie de transition dans la lutte contre le charbon a renforcé l’intérêt économique et géopolitique de ces réserves.

Le Moyen-Orient constitue l’autre grand pilier du système gazier mondial, avec un couple dominant formé par l’Iran et le Qatar, dont les gigantesques gisements partagés (notamment North Field/South Pars) expliquent leur poids exceptionnel. Autour de ce noyau, les monarchies du Golfe et l’Iraq disposent de réserves significatives qui confortent leur rôle de fournisseurs potentiels, souvent complémentaires de leurs exportations pétrolières. À l’inverse, l’Europe occidentale illustre une trajectoire de déclin : la mer du Nord (Royaume-Uni, Pays-Bas, Norvège) a longtemps soutenu une relative autonomie gazière, mais l’épuisement progressif des gisements explique la contraction des réserves et la dépendance accrue vis-à-vis des importations. En Afrique, la croissance des réserves, notamment au Nigeria et en Égypte, traduit l’ouverture de nouveaux fronts d’exploration, tandis que l’Algérie et la Libye conservent une place centrale dans l’approvisionnement euro-méditerranéen.

L'Amérique et l’Asie-Pacifique présentent des profils plus contrastés. En Amérique du Nord, la hausse spectaculaire des réserves des États-Unis au cours des années 2000-2010 est indissociable de la révolution des hydrocarbures non conventionnels (gaz de schiste), qui a bouleversé les hiérarchies établies et redonné au pays un rôle de premier plan. À l’opposé, le Mexique ou le Venezuela, malgré un potentiel géologique réel, ont vu leurs réserves stagner ou se dégrader, souvent en raison de contraintes politiques, financières ou technologiques. En Asie, la Chine illustre un rattrapage rapide grâce à l’exploration de bassins continentaux et non conventionnels, tandis que l’Asie du Sud-Est (Indonésie, Malaisie, Viêt Nam) demeure un espace de producteurs intermédiaires, dont les réserves soutiennent avant tout les marchés régionaux.

Définition des réserves prouvées de gaz naturel, méthodes d’estimation et limites

Les « réserves prouvées » de gaz naturel correspondent aux volumes que l’on estime récupérables avec une certitude raisonnable, compte tenu des connaissances géologiques et des technologies disponibles, dans les conditions économiques et réglementaires du moment. Elles sont généralement exprimées en billions de mètres cubes (c’est-à-dire en milliers de milliards de mètres cubes), ce qui correspond au terme « trillion » (Tm³) dans le système anglo-saxon. Cette unité permet de comparer des pays très différents, mais elle masque le fait que ces réserves ne sont pas un stock figé : elles évoluent avec les découvertes, l’amélioration des taux de récupération et la rentabilité des projets. Ainsi, l’augmentation observée dans certains pays ne signifie pas nécessairement la présence de nouveaux gisements, mais parfois une simple reclassification de ressources déjà connues devenues exploitables.

En outre, les réserves prouvées dépendent de conventions statistiques, de stratégies industrielles et, parfois, d’enjeux politiques : certains États peuvent être incités à surestimer ou à réviser prudemment leurs chiffres, tandis que d’autres manquent de moyens pour mener des campagnes d’exploration approfondies. De plus, la comparaison internationale ne dit rien des coûts d’extraction, de la qualité du gaz, ni de l’accessibilité des gisements (offshore profond, zones arctiques, déserts), autant de facteurs décisifs pour l’offre réelle. Enfin, la transition énergétique et les politiques climatiques peuvent transformer une réserve « prouvée » en actif échoué si son exploitation devient économiquement ou réglementairement impossible.


Classement par zone géographique :

Réserves faibles                                                  Réserves élevées

Note : Les réserves prouvées de gaz naturel sont généralement exprimées en billions de mètres cubes (c’est-à-dire en milliers de milliards de mètres cubes). Dans le système anglo-saxon (États-Unis, Royaume-Uni…), cette grandeur correspond au terme « trillion » (Tm³), équivalent du « billion » français.

Classement des États du monde par réserves prouvées de gaz naturel (en Tm³)

Source : “Natural Gas - Total proved reserves in Trillion cubic metres”, Statistical Review of World Energy, Energy Institute.
Rang État ou territoire Réserves de gaz naturel (Tm³)
2000 2010 2020
© Atlasocio.com
Russie 33,16 34,12 37,39
Iran 25,35 32,26 32,10
Qatar 14,95 25,92 24,67
Turkménistan 1,82 13,60 13,60
États-Unis 4,81 8,26 12,62
Chine 1,38 2,75 8,40
Venezuela 4,61 6,13 6,26
Arabie saoudite 5,99 7,51 6,02
Émirats arabes unis 5,84 5,94 5,94
Nigeria 3,90 4,92 5,47
Iraq 2,95 3,00 3,53
Azerbaïdjan 0,99 1,02 2,50
Australie 1,72 2,86 2,39
Canada 1,64 1,88 2,35
Algérie 4,35 4,34 2,28
Kazakhstan 1,71 1,71 2,26
Égypte 1,38 2,13 2,14
Koweït 1,48 1,69 1,69
Libye 1,25 1,42 1,43
Norvège 1,25 2,03 1,43
Inde 0,73 1,11 1,32
Indonésie 2,72 3,01 1,25
Ukraine 0,79 0,73 1,09
Malaisie 1,06 1,03 0,91
Ouzbékistan 0,91 0,87 0,85
Oman 0,81 0,49 0,67
Viêt Nam 0,17 0,65 0,65
Israël 0,04 0,20 0,59
Myanmar (Birmanie) 0,28 0,22 0,43
Argentine 0,76 0,35 0,39
Pakistan 0,50 0,55 0,38
Brésil 0,22 0,44 0,35
Trinité-et-Tobago 0,54 0,37 0,29
Syrie 0,23 0,27 0,27
Yémen 0,32 0,32 0,27
Pérou 0,24 0,34 0,26
Brunei 0,36 0,29 0,22
Bolivie 0,19 0,27 0,21
Royaume-Uni 0,73 0,25 0,19
Mexique 0,81 0,35 0,18
Papouasie-Nouvelle-Guinée 0,00 0,15 0,16
Thaïlande 0,35 0,31 0,14
Pays-Bas 1,57 1,15 0,13
Bangladesh 0,30 0,35 0,11
Colombie 0,13 0,15 0,09
Roumanie 0,20 0,11 0,08
Pologne 0,09 0,08 0,07
Bahreïn 0,27 0,21 0,06
Italie 0,19 0,06 0,04
Danemark 0,14 0,05 0,03
Allemagne 0,23 0,08 0,02