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Classement des États du monde par réserves prouvées de charbon

Par Atlasocio.com | Mis à jour le 19/01/2026

 

Les États détenant les réserves prouvées de charbon les plus importantes du monde sont les États-Unis, la Russie, l'Australie, la Chine et l'Inde. Les pays disposant des réserves de charbon les plus faibles sont notamment le Royaume-Uni, la Roumanie, la Corée du Sud, le Japon et le Venezuela.

Une géographie mondiale des réserves de charbon marquée par l’histoire industrielle

La répartition des réserves prouvées de charbon reflète largement les grandes trajectoires de l’industrialisation depuis le XIXe siècle. Les États historiquement industrialisés précocement, comme les États-Unis, la Russie ou certains pays européens, ont longtemps fondé leur développement énergétique et industriel sur l’exploitation du charbon, ce qui explique l’importance des gisements identifiés et évalués très tôt. Ces réserves, loin d’être figées, ont cependant connu des révisions successives en fonction des progrès géologiques, des choix économiques et des transformations des systèmes énergétiques. Le charbon demeure ainsi une ressource abondante à l’échelle globale, mais son poids stratégique varie fortement selon les régions et selon les orientations nationales en matière de transition énergétique.

Les contrastes régionaux sont particulièrement marqués. L’Amérique du Nord et l’Eurasie concentrent une part majeure des réserves mondiales, héritage d’anciens bassins houillers de grande ampleur, souvent associés à des territoires faiblement peuplés ou à des économies d’exportation de matières premières. À l’inverse, l’Asie orientale et méridionale illustre une autre dynamique, où l’importance des réserves s’articule étroitement avec des besoins énergétiques intérieurs considérables, liés à la croissance démographique et industrielle. En Europe occidentale, la tendance générale est à la contraction des réserves exploitables, conséquence de l’épuisement progressif des gisements les plus accessibles et de choix politiques favorisant la sortie du charbon. D’autres régions, comme l’Asie du Sud-Est ou certaines parties de l’Océanie, se distinguent par des réévaluations tardives mais significatives de leurs ressources, révélant le rôle central des campagnes d’exploration récentes.

La notion de réserves prouvées : fondements méthodologiques

Les réserves dites « prouvées » correspondent à une catégorie bien spécifique, qui ne se confond ni avec les ressources géologiques totales ni avec les volumes effectivement exploitables à long terme. Elles désignent les quantités de charbon identifiées avec un haut degré de certitude et considérées comme économiquement exploitables dans les conditions techniques et financières du moment. Cette définition implique que les réserves évoluent dans le temps, indépendamment de l’extraction réelle, sous l’effet des fluctuations des prix, des innovations technologiques, ou encore des changements réglementaires et environnementaux. Ainsi, une augmentation des réserves prouvées ne signifie pas nécessairement une découverte massive de nouveaux gisements, mais peut résulter d’une requalification économique ou statistique de ressources déjà connues.

Toutefois, il convient d'interpréter les données avec prudence. Les méthodes d’évaluation diffèrent selon les pays, en fonction de la qualité des données géologiques, de la transparence des institutions et des priorités nationales. Par ailleurs, la notion même de « prouvé » est étroitement dépendante d’un contexte énergétique en mutation rapide, marqué par les objectifs climatiques et la remise en cause du charbon comme pilier du mix énergétique mondial. Certaines réserves importantes peuvent ainsi devenir, à moyen ou long terme, des actifs dévalorisés ou non exploités. L’examen des réserves de charbon ne met pas en évidence une hiérarchie figée, mais offre plutôt un instantané des interactions entre facteurs géologiques, dynamiques économiques et orientations énergétiques. Il constitue un outil d’analyse pertinent, bien que nécessairement partiel, pour appréhender les enjeux contemporains liés au charbon à l’échelle mondiale.


Classement par zone géographique :

Réserves faibles                                                  Réserves élevées

Note : Les réserves prouvées de charbon comprennent plusieurs variétés dont l'anthracite et le bitumineux, ainsi que le sub-bitumineux et le lignite.

Classement des États du monde par réserves prouvées de charbon (en millions de tonnes)

Source : “Coal - Total proved reserves in Million tonnes”, Statistical Review of World Energy, Energy Institute.
Rang État ou territoire Réserves de charbon (Mt)
2001 2010 2020
© Atlasocio.com
États-Unis 249 994 237 295 248 941
Russie 157 010 157 010 162 166
Australie 82 090 76 400 150 227
Chine 114 500 114 500 143 197
Inde 84 396 60 600 111 052
Allemagne 66 000 40 699 35 900
Indonésie 5 370 5 529 34 869
Ukraine 34 153 33 873 34 375
Pologne 22 160 5 709 28 395
Kazakhstan 34 000 33 600 25 605
Turquie 3 689 2 343 11 525
Afrique du Sud 49 520 30 156 9 893
Nouvelle-Zélande 572 571 7 575
Serbie - - 7 514
Brésil 11 929 4 559 6 596
Canada 6 578 6 582 6 582
Colombie 6 648 6 746 4 554
République tchèque 5 678 1 100 3 595
Viêt Nam - 150 3 360
Pakistan 2 265 2 070 3 064
Hongrie 1 097 1 660 2 909
Grèce 2 874 3 020 2 876
Mongolie - - 2 520
Bulgarie 2 711 2 366 2 366
Ouzbékistan - - 1 375
Mexique 1 211 1 211 1 211
Espagne 660 530 1 187
Thaïlande - 1 239 1 063
Venezuela 479 479 731
Corée du Nord 600 600 600
(2010)
Zimbabwe 502 502 502
Japon 773 350 350
Corée du Sud 78 126 326
Roumanie 1 457 291 291
Royaume-Uni 1 500 228 26
France 36 15
(2005)
15
(2005)